Open banking : quelle approche pour réussir la prochaine étape ?

08/09/2021

La crise de la Covid-19 a considérablement transformé les attentes des particuliers et des entreprises dans le domaine des services bancaires. Mais au-delà de la conformité DSP2, les institutions financières n’ont pas toutes la même maturité numérique et adoptent en ordre dispersé les initiatives de l’Open banking. Pour aider ses clients institutionnels à tirer parti des opportunités à venir, les experts bancaires et les Labs d’innovation du Groupe ALTEN ont identifié les leviers (confiance, Customer eXperience – CX…) et développent des PoC innovants (guichet RGPD Blockchain…).

Confinement, fermeture des agences… Les établissements financiers ont vu une accélération des usages numériques de leurs clients. Selon une étude publiée par deVere, l’utilisation des applications Fintech et des services bancaires mobiles a bondi de 72% en Europe, en à peine une semaine. Face à un avenir économique incertain, les particuliers, tout comme les entreprises, avaient besoin d’une vision consolidée de leur situation financière, de conseils personnalisés et de services de gestion (crédit, assurance…), accessibles depuis leur mobile. Cela requiert une ouverture plus grande des systèmes d’information des banques et une meilleure interopérabilité avec des tiers prestataires de services ou des apporteurs d’affaires.

Nous sommes juste aux prémices de l’Open Banking.
Solveig Honoré-Hatton, Directrice de Mastercard France, Revue-Banque.fr 23/10/2020

Ainsi, l’enjeu majeur d’un acteur bancaire est d’être la plateforme phare des services financiers. La rentabilité et la croissance d’une banque dépendront de sa capacité à ouvrir son écosystème à ses partenaires, pour proposer des services et une expérience en adéquation avec les usages et les modes de vie de ses clients. D’ici fin 2021, plus de 90% des institutions bancaires envisagent de devenir des Open banks (étude Deloitte).

A l’international, les banques ont adopté différents business models pour exploiter le potentiel de l’Open banking. (Open Banking Tracker Blog)

Confiance et CX : une réticence générale à lever

En Europe, l’Open banking est poussé par la réglementation européenne DSP2, seconde directive européenne sur les services de paiement. Imposée depuis septembre 2019, elle oblige les banques européennes à donner accès aux données de transaction de paiement (services d’information sur les comptes – AISP – et services d’initiation de paiement – PISP) aux acteurs tiers agréés (banques, fintechs…). Le client final est désormais propriétaire de ses données bancaires, et s’il le souhaite, sa banque doit laisser les autres acteurs y accéder.

L’opinion du secteur est partagée sur l’initiative. Le secteur bancaire s’approprie aisément des innovations numériques (application mobile, identification biométrique, ouverture de compte 100% en ligne…), mais pour beaucoup d’établissements, l’ouverture des données bancaires est perçue au mieux comme un coût et, au pire, comme une menace. La réglementation les forcent à revoir entièrement leur façon d’accéder et d’exploiter les données clients. Les DSI bancaires doivent également développer une infrastructure capable de supporter cette approche ouverte telle que les APIs (Application Programming Interface). Mais au-delà du coût, à l’ère de l’Open banking, les institutions bancaires craignent la « désintermédiation » avec leurs clients si leurs plateformes digitales sont moins attractives.

Côté clients finaux, une étude européenne de l’ING montre qu’ils sont encore réticents à utiliser l’open banking. D’après le sondage, seulement 30% des européens sont prêts à donner leur consentement pour autoriser le partage de données entre fournisseurs de services financiers. Le chiffre tombe à 16% pour les français.

Dans certains régions du monde, de nouvelles réglementations permettent aux fournisseurs de services financiers d’avoir accès à vos informations détenues par d’autres sociétés, si vous leur en donnez l’autorisation. (étude ING)

Pour le client final, l’ouverture des données bancaires soulève plusieurs questions (cf. différents articles sur le sujet : JDN et Beijaflore) :

  • Quels sont les bénéfices tangibles pour eux ?
  • Au delà de la conformité RGPD, comment les données personnelles sont-elles stockées, exploitées et sécurisées ?
  • Les banques peuvent-elles générer du profit à leur insu ?
  • Le parcours utilisateur sera-t-il fluide ? La multiplication des authentifications fera-t-elle perdre l’efficacité qui existait au sein d’un établissement bancaire unique ?

Si les banques veulent faire décoller leurs services Open banking auprès de leurs clients, ces freins restent à lever. Et du côté interne, une stratégie plus globale d’Open banking nécessite une maturité digitale à la fois technologique et culturelle.

 

Open banking : le blockchain et l’IA comme leviers technologiques

Pour accompagner ses clients bancaires sur ces défis de demain, le Groupe ALTEN a lancé en mars 2020 un programme R&D dédié à la thématique « Open banking » et mobilise plusieurs entités à Paris, Rennes et Sophia Antipolis : les experts métiers de la BU Banque, Finance & Assurance (design thinking), deux ALTEN Labs (R&D technologique, architecture fonctionnelle) et la direction technique ALTEN (développement applicatif).

Ce programme R&D permet au Groupe de :

  • Développer une plateforme technologique expérimentale (backend IT)
  • Construire des approches d’innovation en R&D et mobiliser des compétences en blockchain / Intelligence Artificielle
  • Faciliter la cation des solutions spécifiques pour ses clients et partenaires 

Pour répondre aux enjeux cités plus haut, ALTEN a développé en premier lieu la « fondation », une plateforme d’agrégation (ONE.SERVICES) conforme à DSP2. Elle permet aux différents établissements du secteur (banques, fintechs…) de s’interconnecter via des micro-services de manière sécurisée, pour proposer de nouvelles expériences clients sur-mesure, en agrégeant des sources de données multiples.

Démonstrateur Open Banking ALTEN

L’autre pierre angulaire du programme consiste à proposer une interface de gestion des données personnelles (ONE.MYDATA). Il s’agit d’un guichet unique et intuitif, user centricpour accorder ou retirer ses consentements à tout moment et garder la maîtrise de ses données en toute sécurité. Les consentements et la portabilité des données imposés par le RGPD sont pris en charge par le système de gestion des informations personnelles PIMS.
L’utilisation de la technologie blockchain élimine la possibilité de falsification du paramétrage par un acteur malveillant. Elle évitera ainsi des litiges potentiels entre le client et sa banque sur les accords donnés.

En parallèle, ALTEN développe d’autres applications prototypes destinées à apporter des bénéfices tangibles aux clients finaux.
Sur cet enjeu de l’expérience client, voici quelques cas d’usage de l’Open banking imaginés et développés par le Groupe ALTEN :

  • ONE.PATRIMOINE : un cobot intelligent pour accompagner les conseillers de banques privées.
    L’application fournira un Dashboard complet du portefeuille des actifs du client, en agrégeant les données de ses différents comptes et livrets (PEA, Assurance vie…).
    Ce suivi de patrimoine en temps réel permettra de fidéliser le client et aidera le conseiller à mieux le servir dans la gestion de ses avoirs financiers.
  • ONE.GEOASSUR’TOUT : Compagnon de vie pour l’assurance.
    Dynamique, cette assurance ATAWADAC (Any Time, AnyWhereAny DeviceAny Content) suit l’utilisateur n’importe quand et n’importe où pour lui simplifier la vie. Ici, l’agrégateur bancaire est utilisé pour repérer les achats conséquents et notifier automatiquement le consommateur de la nécessité de scanner la facture en vue d’un futur besoin d’assurance.
  • ONE.PHYGIPAY : Paiement Phygital sécurisé entre particuliers.
    Véritable outil du futur entre particuliers, cette solution phygitale de paiement permet d’effectuer une transaction de manière sécurisée et intuitive (s’appuyant sur un système de QR Code sur téléphone mobile) entre particuliers pour des biens de forte valeur : automobiles, montres, bijoux, etc.
  • ONE.CAGNOTTE : Cagnotte 3.0 en ligne pour la banque de détail.
    Il s’agit d’un nouveau type de cagnotte intégrant les dernières technologies comme la blockchain pour un meilleur niveau de confiance, de traçabilité et plus de sécurité. 

Pour en savoir plus sur les projets ALTEN dans le secteur Banque Finance et Assurance, rendez-vous sur cette page ou contactez-nous ici.

 

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