Automobile : comment rouler propre ?

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06/10/2020

Principal responsable des émissions de CO2 dans les transports, le secteur des véhicules routiers n’en est pas moins un élève consciencieux qui s’efforce de limiter son empreinte carbone, notamment grâce à la généralisation progressive de dispositifs comme le « stop & start », qui réduit la consommation de carburant d’environ 15% en ville, et à la progression des ventes de véhicules électriques et hybrides (+64% en 2018).

Le remplacement total des véhicules thermiques par d’autres types de propulsion est désormais une échéance visible. Mais le développement de la mobilité électrique doit aussi s’accompagner d’une décarbonation de la production électrique. Et les batteries et piles à hydrogène ont encore un coût environnemental élevé ; les constructeurs travaillent donc sur leur densité énergétique, leur durée de vie et leur capacité à supporter un plus grand nombre de cycles de charge. Ils souhaitent aussi développer de nouvelles technologies (comme les super condensateurs ne nécessitant pas de métaux rares, dont la pénurie est annoncée pour 2050).

 

Hydrogène ou électrique ?

Le scénario « Batterie électrique » est fondé sur l’hypothèse d’un progrès rapide des batteries au lithium et d’une chute de leur coût. L’hypothèse « Hydrogène » implique, elle, une baisse du coût des réservoirs de stockage d’hydrogène et des piles à combustible.

L’Agence Internationale de l’Énergie estime que, ne produisant ni gaz à effet de serre ni particule, et ne rejetant que de l’eau, l’hydrogène doit « jouer un rôle clef dans un environnement énergétique propre, sûr et sécurisé ». Pour l’instant, ce sont les projets de transports en commun et de flottes captives qui sont privilégiés.

« Un développement massif dans le véhicule individuel s’inscrit dans une perspective plus lointaine en raison des coûts de déploiement des stations de recharge et des voitures. La mobilité hydrogène passera d’abord par des véhicules de flotte afin de rentabiliser les infrastructures. »
Dominique Lecocq, VP Ecosystems & Communications chez Air Liquide Hydrogen Energy World Business Line.

 

Mais l’hydrogène, essentiellement produit à partir de gaz naturel, n’est pas sans impact écologique. « L’un des enjeux pour l’industrie est aujourd’hui de faire évoluer la production vers un hydrogène bas carbone », poursuit Dominique Lecocq.

 

Un avenir mixte

L’hypothèse la plus probable est que « nous aurons un avenir hybride en termes de propulsion. Les technologies hydrogène, électrique, thermique, et les autres à venir, seront combinées », analyse Cédric Rouxel, Directeur de Département chez ALTEN.

« Tous les groupes internationaux s’associent pour développer des véhicules hybrides dans un marché très tendu où les normes sont plus sévères et les investissements beaucoup plus lourds » ajoute Adrien Jouhannaud, Directeur de Département chez ALTEN.
Cette mixité, il est probable qu’on la retrouve non seulement dans les véhicules, mais également dans les usages avec un recours à la propulsion électrique en milieu urbain et à l’hydrogène pour les longues distances. À besoins différents, infrastructures de charge différentes.

 

ALTEN s’engage – Des déplacements plus verts

  • Le catalogue des véhicules de fonction des collaborateurs d’ALTEN est aujourd’hui composé à 75 % de voitures hybrides ou électriques. Les véhicules roulant au diesel ont été complètement supprimés du catalogue. De même, pour leurs déplacements en taxi, ALTEN incite ses collaborateurs à choisir des taxis verts. Enfin, chaque nouvel arrivant suit obligatoirement un module d’e-learning éco-conduite.
  • Pour permettre à ses équipes de travailler ensemble sans devoir se déplacer, ALTEN a doté ses bâtiments d’équipements performants de vidéo conférences.

 

3 questions à Mark Smidt,
Directeur Général d’Héliox Automotive BV

Interview réalisée en février 2020

La société néerlandaise HELIOX, fondée en 2009, crée des solutions complètes d’infrastructures de recharge de véhicules : bornes de charge, stations et maintenance. Elle est aujourd’hui présente dans plusieurs villes d’Europe et a installé, en 2018 à Amsterdam, le plus grand dépôt de bus électriques avec stations de recharge du monde.

 

Dans ce contexte d’adaptation au changement climatique, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Je suis optimiste, parce que nous faisons ce qui est juste pour la planète.
La mobilité électrique est le premier pas, et les marchés que nous remportons montrent qu’il y a un vrai changement d’état d’esprit.

 

Quelles grandes tendances observez-vous ?

Une véritable explosion des flottes de bus électriques en Europe et aux États-Unis !
C’est une bonne nouvelle car ce sont elles qui conduisent le changement de paradigme. Elles entraînent derrière elles le développement des camions, que je vois arriver à l’horizon 2030 et, à plus long terme, celui des véhicules individuels.

 

Pensez-vous que l’on puisse réussir cette transition en douceur ?

Des dizaines d’années seront nécessaires avant la décarbonation complète, qui nécessitera de la volonté politique et des sacrifices.
Gandhi ou Franklin D. Roosevelt sont pour moi de bons modèles, dans ces périodes de changement impératif : ils ont accompli de grandes choses avec obstination et persévérance, en faisant des choix radicaux.
La décarbonation est la mère de toutes les batailles pour notre planète. Et les entreprises qui y travaillent aujourd’hui montrent la voie.

 

Retrouvez l’intégralité de la revue ALTEN Eurêka, consacrée à la place de l’ingénierie dans la stratégie zéro carbone.

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